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    Abigail stoppa son geste et elle se retourna le plus lentement possible. Eden s'était assis sur le rebord du lit, le tête penché en avant. Elle n'arrivait pas à distinguer son visage et ça la rendait nerveuse.

    - Réponds-moi Abigail. Pourquoi as-tu coupé tes cheveux ?

    Elle retint son souffle et elle se colla un peu plus contre la porte. Depuis leur rencontre dans le parc, jamais Eden ne l'avait appelée autrement que par son diminutif Abby. Mais qui était-il au final ?

    - Tu vas me répondre sale putain ! Reprit-il en élevant le ton.

    Cette fois-ci, il releva la tête vers elle, et ce qu'Abigail vit lui glaça le sang. Assis face à elle, son corps tatoué et abîmé entièrement nu, Eden n'était plus. Son visage avait été remplacé par celui d'un autre. Par celui de son … père. Elle aurait voulu hurler, mais aucun son ne put sortir de sa gorge. Elle l'observa ainsi, impuissante, et il se releva.

    - Eden murmura-t-elle alors qu'une larme roula le long de sa joue. Eden, non …

    Elle espérait se réveiller de ce cauchemar, se réveiller aux côtés de son ami. Mais rien ne se produisit. La chose s'approchait d'elle lentement, un sourire carnassier plaqué sur le visage.

     

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    - Eden ? Tu penses vraiment que c'est cette sale petite pute qui va te sauver ? Tu aurais dû le voir lorsqu'on l'a tabassé hier soir. C'en était presque jouissif de l'entendre ravaler ses cris de douleur …

    La gorge d'Abigail se serra et elle eut beaucoup de mal à contenir ses larmes. Elle ne comprenait plus rien à la situation, se laissant dévorer par sa peur. Elle était à nouveau la petite fille impuissante qu'elle avait toujours été.

    L'étrange créature se rapprocha encore un peu plus et elle se pencha vers elle. Elle pouvait sentir son souffle tiède dans sa nuque et elle eut envie de vomir.

    - Tu m'as beaucoup déçu, tu le sais Abigail ?

    À peine eut-il fini sa phrase qu'elle ressentit une vive douleur. L'apparition de son père venait d'écraser son poing contre sa mâchoire et elle s’effondra sur le sol avant de perdre doucement connaissance.

     


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