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    L'esprit encore embrumé par les restes de son rêve, elle se perdit un instant dans la contemplation du paysage si tranquille qui s'offrait à elle. Il devait certainement être très tôt et le parc municipal était encore désert. Aucun enfant ne s'amusait sur les balançoires, aucun couple n'occupait les bancs proches d'elle et aucune guitare ne se faisait entendre depuis la scène. Elle soupira et chassa la mèche qui lui barrait le front. Elle était seule, encore une fois.

    La solitude, le pire ennemi de l'humain. L'individu vit et se construit par rapport au regard des autres. Ainsi, il s'adapte à la société, évolue et peut s'épanouir au milieu de ses semblables. Or, que se passe-t-il lorsque ceux-ci vous fuient ? Lorsque votre image se reflète que dans le néant ? Cessez-vous d'exister ? Ceux qui ont la volonté suivent leur propre voie pour devenir eux-même. Ils sont forts et se battent pour vivre. Et les autres … Les autres, quand ils sont seuls, disparaissent peu à peu. Leur image s'efface des esprits au fil du temps pour mourir doucement. Ils ne sont rien d'autres que les ombres d'une vie, les fantômes d'une ancienne vie.

     

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    Encore assise sur le banc qu'elle avait occupé pour la nuit, elle s'étira difficilement. Son dos lui faisait atrocement mal, tout comme sa tête. Les battements réguliers de son cœur résonnaient dans tout son être, accentuant un peu plus la migraine qui lui vrillait les tempes. Elle ferma un instant les yeux et souffla, espérant peut-être calmer la douleur qui la parcourait et chasser les dernières images de son rêve. Mais malgré ses paupières closes, dans son esprit dansait toujours l'image de son père. Ce père si dur et faisant preuve d'une grande droiture. D'une trop grande droiture même … Abigail soupira doucement. Ce père, une partie d'elle le détestait profondément et le craignait. Omniprésent, il dirigeait chaque faits et gestes de sa vie. Pourtant, elle savait que son but premier n'était pas de la réduire au néant, loin de là même. Ce père cherchait à rendre sa fille parfaite. Or la perfection ne peut s'atteindre sans quelques sacrifices … Elle émit un grondement sourd quant à sa dernière réflexion. Atteindre la perfection est une chose, l'inculquer au moyen de la violence en est une autre.


  • Commentaires

    1
    Parthenia Profil de Parthenia
    Lundi 17 Juin 2013 à 08:50

    J'adore le décor de cette place...

    2
    Mardi 1er Octobre 2013 à 21:22

    trop contente de te lire de nouveau lol  j'attend toujours d'voir un peu plus a lire je dévore tes ecrits

    3
    Mardi 1er Octobre 2013 à 21:26

    Ravie de te revoir ici Angie ^^

    4
    Mardi 1er Octobre 2013 à 21:39

    ^^ c un plaisir j'ai tout dévoré



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