• /!\ public averti

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    Docilement, et sans un mot, elle s'exécuta, déposant la chandelle sur la table de chevet. De toute façon, elle n'avait rien à dire, elle n'était plus qu'un corps dépourvu de toute âme. Un simple automate au service de son maître. Un maitre qu'elle avait profondément aimé il y de ça bien longtemps.

    - Tu aurais dû attacher tes cheveux mon ange, murmura Cyal

    Il n'ajouta rien d'autre et replaça une mèche de cheveux blonds derrière l'oreille de sa propriétaire. La jeune fille acquiesça sagement, un pauvre sourire au bout des lèvres.

    - Tu attends quelqu'un ? Chuchota-t-elle, à peine audible.

    Le démon planta ses prunelles d’or dans celles de la blonde avant de lui sourire doucement.

    - Ne t'en fais pas mon ange, tu resteras celle que j'aime le plus. Abigail ne sera rien de plus qu'un jouet parmi tant d'autres, si c’est de cela que tu t’inquiètes.


     Et comme pour lui prouver la véracité de ses dires, il déposa ses lèvres sur les siennes pour lui donner un simple baiser. Celle-ci répondit à son geste et resserra son étreinte autours de ce corps abandonné par la vie.

     

    -Tu es mon ange. Ma princesse. Tu es la seule que j'aime souffla Cyal entre deux baisers

     

    Ses lèvres froides frôlèrent a nouveau celles de l’adolescente tandis qu’il laissait ses mains errer sur son corps a peine formé. Jamais elle n’aurait les courbes d’une véritable femme, mais peu lui importait puisque c’était ainsi qu’il l’avait aimée. Qu’il l’avait tuée.

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    Délicatement, le démon resserra son étreinte autours de ce frêle corps reposant au creux de ses bras, et, dans un geste délibérément lent, l'allongea au milieu de l'étendue rouge sang qu'était le lit. Il planta alors ses prunelles qui d’or dans celles de la jeune fille.

     

    -Ton âme est mienne. Tu es mienne. Ne doute jamais de mes sentiments envers toi Haylee.

     

    Il l’embrassa avec douceur, forçant de sa langue le barrage de ses lèvres qui céda en un rien de temps. Il se laissa emporter par les sensations que ce simple échange pouvait lui apporter et il frissonna lorsqu’il se rendit compte qu’Haylee passait une de ses petites mains sous sa chemise. Elle était timide et il ne pouvait l’ignorer au bout de toutes ces années, alors, comme pour l’encourager il défit lui-même les boutons de son vêtement. La jeune fille l’observa faire, le visage complètement vide. Rien dans son attitude ne pouvait laisser présager qu’elle s’offrait à lui. Son cœur, tout comme celui du démon avait cessé de battre et sa respiration ne se faisait plus. Elle n’était qu’un simple fantôme …

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    Une fois torse nu, Cyal ne laissa pas le temps à l’adolescente d’admirer son corps. D’un geste rapide et précis, il la fit basculer sur le côté et l’immobilisa avant de lui retirer son pull et son t-shirt. Il se posta ensuite au dessus d’elle, la dominant de toute sa hauteur, et il lui lança un sourire rempli de sous-entendus. Ici, c’était lui le patron, pas l’inverse. Sa tête se cacha dans sa nuque pour y déposer quelques doux baisers avant de rejoindre sa poitrine. Doucement, il s’empara d’un de ses seins et de sa langue, il joua avec sa pointe durci. Il avait les yeux clos pour savourer les moindres saveurs de ce cadavre, mais il savait parfaitement, grâces aux légers spasmes qui agitaient sa silhouette, que la blonde appréciait ses caresses. Pas besoin de croiser ses yeux vides qui ne trahissaient pas la moindre once de désir pour en avoir la certitude.

    De sa main libre, le démon effleura le creux de ses reins avant de se faufiler à l’intérieur de son jeans. Doucement, il caressa sa peau et au moment ou elle se cambra, il glissa un doigt dans son intimité. Gênée par ses vêtements superflus, Haylee se débarrassa elle-même de son pantalon et de sa petite culotte, et lorsqu’elle croisa le regard de l’homme, elle ne put s’empêcher de rougir avant de se jeter sur lui pour l’embrasser.

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    Les rôles étaient désormais inversés et Cyal se laissa faire, amusé par ce changement si soudain de comportement. Elle agissait toujours de la même façon. Une fois sa timidité mise de côté, et un peu d’humanité retrouvée, elle aimait prendre les choses en main. Même si cela ne durait généralement pas très longtemps. A califourchon sur le démon, elle se frotta doucement à lui tandis qu’elle parsemait son cou et son torse de milliers de baisers. Le démon lâcha un râle de plaisir, le désir devant de plus en plus insoutenable. Haylee savait y faire quand elle le voulait vraiment. 

    **

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    Elle se laissa glisser lentement le long de son corps musclé et d’une main taquine, elle frôla le sexe durci de l’homme au travers de ses vêtements. Il frissonna. Elle recommença. N’y tenant plus, Cyal la renversa sur le lit avant de capturer ses poignets fins. Il lui lança un sourire, l’embrassa brièvement du bout des lèvres et, sans même prendre la peine de retirer complètement son pantalon, il la pénétra.  


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  • 10

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    L’échange ne dura pas très longtemps, mais ce fut quelque chose de dur. De violent. Posant un ultime regard sur l’adolescente allongée près de lui, l’homme lui déposa tendrement un baiser sur le front.

    - Tu es ma fille, ne doute jamais de l’amour que je te porte mon ange …

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    Elle n’eut pas le temps de répondre à cette déclaration que le démon tourna la tête en direction de la table de chevet et souffla la flamme de la bougie qu’Haylee avait apporté un peu plus tôt dans la soirée. Leur jeu devait prendre fin pour qu’une nouvelle partie puisse commencer, et c’était Abigail qui venait de lancer les dés.

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    Désormais seul dans sa chambre, Cyal s’assit sur le rebord de son lit et sourit à son propre reflet dans le miroir qui lui faisait face. Le spectacle allait enfin avoir lieu.

    *

    *

    *

    Fin du chapitre 

     


    Contrairement à la 1ère version, vous n'aurez pas profité des fesses de Cyal. Il est devenu pudique depuis quelques temps, allez savoir pourquoi. Sinon, il reste un démon et il se tape toujours sa fille. Charmant tableau, n'est-ce pas ?

     

     

     

     

     

     


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  • 11

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    La lune était haute dans le ciel et aucun nuage ne venait obstruer sa clarté. Abby s'engagea dans l'allée cimentée de l'ancienne maison victorienne d'un pas lent.
    Elle savourait la moindre seconde.
    Son cœur battait à cent à l'heure et malgré le temps clément, elle avait la chair de poule. Pour la première fois depuis longtemps, elle ressentait l'excitation et elle espérait que le reste de la visite lui en fasse ressentir plus. Une petite frayeur ne fait pas de mal de temps en temps.

    Elle posa le pied sur la première marche du perron, hésitant. Un grincement des plus inquiétants résonna dans les planches du vieux bois. Ce serait dommage de commencer la visite avec une jambe plâtrée car l’'hôpital était une perspective beaucoup moins palpitante qu'une maison hantée. Et les blouses blanches, plus on les évitait, mieux on se portait. Abby les détestait. Dans sa plus tendre enfance, elle ne les quittait pas d'une semelle. Ballotée au milieu du service pédiatrie, elle avait presque eu sa chambre attitrée. Les différents docteurs lui répétaient sans cesse de faire plus attention à elle. Qu'il ne fallait pas courir au milieu de la route, ni grimper dans les arbres.
    Toujours avec leur sourire trop plein de compassion. Leur trop plein de bonté. Leur ignorance. Croyaient-ils réellement que tout était accidentel ? L'enfant qu'elle était en doutait. Pour elle, ils refusaient de voir la vérité. Ils refusaient d'aider une petite fille de huit ans. Puis leur hypocrisie s'était lentement muée en une véritable indifférence. On l'avait déposée plusieurs fois aux urgences, a la limite de l'overdose. On l'avait soignée et on l'avait fichue à la porte quelques jours après. Sans oublier de lui faire régler la note avant. Que c'est beau la médecine !

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    Elle posa un pied sur la seconde marche. Toujours ce même grincement sinistre. Abby jeta un vague coup d'œil au reste de l'escalier et continua son ascension vertigineuse d'un pas rapide. L'hôpital, ce serait pour un autre jour. Peut être quand elle se serait décidée à se suicider. Quand une personne, qui veut se donner bonne conscience, la ramasserait dans une ruelle sombre alors qu'elle se viderait de son sang, un flingue à la main. Quoique là, ce ne serait plus une ambulance qui lui faudrait, mais plutôt un corbillard.

     


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  • 12

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    Avançant lentement la main vers la poignée de la porte, elle stoppa son geste. Abby profitait de l'excitation. Jamais, depuis bien longtemps, elle n'avait ressenti une telle sensation. Même la toute première fois qu'elle avait gouté à l'héroïne, ce n'était pas la même chose. Certes, elle se sentait un peu mieux, mais pas vivante. Et pourtant, en cette nuit d'été, c'était ce qu'elle éprouvait. Son cœur battait. Elle respirait. Et elle sortait de la torpeur dans laquelle elle était plongée depuis bien trop d'années.

     Prenant une grande inspiration, le jeune femme posa sa petite main décharnée contre la porte et tourna délicatement la poignée dorée. Le fin sourire qu'elle arborait depuis quelques minutes s'éclipsa soudainement. C'était verrouiller.

     Comment pourrait-elle entrer ? Elle n'allait tout de même pas crocheter la serrure, chose dont elle ignorer totalement l'art (ce genre de truc, ça ne s'apprend pas à l’école), ni casser une vitre (bonjour la discrétion).

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    *Abby croisa les bras sur sa poitrine et soupira. Sa nuit de frisson risquait d'être écourtée. Tout ça a cause d'une fichue porte qui refusait de s'ouvrir.
    Elle aurait pourtant dû s'en douter. La maison n'avait jamais été réellement abandonnée. Le jardin était entretenu et aucun panneau " à vendre" n'avait été affiché. Le propriétaire des lieux devait certainement veiller à ce que nul visiteur nocturne ne vienne saccager les lieux.
    La jeune femme descendit les quatre marches du perron d'un pas las. Elle n'avait plus qu'à retourner à son but premier : trouver la maison de son enfance, où elle se laisserait enivrer par la douleur. Il n'y avait plus que ça de possible pour cette nuit de toute façon …
    Alors qu'elle jetait un dernier regard en direction de l'imposante bâtisse, Abby se figea.

     


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