• 59

    59

    Se tournant sur son siège, elle aurait tout donné pour disparaitre de cette pièce. Mais elle avait peur. Trop peur.  En proie à la panique, elle était comme clouée sur sa chaise. Impossible pour elle de bouger le moindre membre ...


    - Catherine, poursuivit l'homme, pourquoi ne me réponds tu pas ? De quoi as tu peur ?


    Une larme chaude roula le long de la joue de la jeune femme. Pleurer était la seule chose qui lui restait, elle qui était désormais prisonnière de ce monde chimérique.


    - Mais pourquoi pleures-tu ? murmura-t-il, ne me dis pas que c'est à cause de Robyn. Qu'est-ce que ma fille a bien pu te raconter à son sujet ? s'indigna-t-il. Qu'est-ce que cette putain a bien pu trouver à dire sur sa bâtarde ?


    Se collant contre le dossier de son siège, Abby sécha ses yeux du revers de la manche de son pull. Elle ne prêtait plus attention aux paroles du vieil homme, d'ailleurs elle ne les comprenait plus. Seul l'écho de sa haine lui parvenait encore, sinistre mélodie de ses souvenirs. Mais que faisait-elle ici ?


    - Catherine, il faut te faire une raison, cette gamine n'est rien d'autre qu'un accident. Un accident dont ton amie n'a pas eu le courage de se débarrasser déclara l'homme en secouant la tête, las de la situation. Robyn n'est qu'une bâtarde et ça mère juste une vulgaire catin. Alors s'il te plait Cathy, rentre chez toi et laisse moi éduquer cette enfant comme je l'entends. 
     

    59

     

    Perdue face à cette déclaration, Abby resta de marbre quand le vieillard quitta sa chaise. Elle ne comprenait rien à la situation ni aux liens qu'entretenait ce vieux avec sa petite-fille. La seule chose qui l'avait réellement marquée dans ce monologue fut le fait qu'on l'avait rebaptisée Catherine.


    - Je ... je ne suis pas Catherine balbutia la brune non sans quelques difficultés


    Se retournant à peine, l'homme ne prit même pas la peine de s'arrêter pour répondre à ses propos.
     

    - Ne raconte pas de bêtises, je sais qui tu es. Maintenant si tu souhaites récupérer ta lettre, je te la rends sans aucun souci. Je l'ai retrouvée par hasard dans les affaires de ma fille et je doute que tes parents apprécient de savoir que tu sois mêlée à cette sale histoire.
     

    Le regard d'Abby glissa vers la missive qu'elle avait toujours en main. Ainsi il la confondait avec sa mère. Un petit sourire étira ses lèvres émaciées. Elle lui ressemblait donc tant ?


    1 commentaire
  • 60

    60

    Alors que l'envie d'ouvrir cette maudite enveloppe venait de la reprendre, ses prunelles grises furent étrangement attirées vers l'étage. Depuis le haut des escaliers Robyn écoutait la conversation, dissimulée dans l'obscurité. La jeune femme frissonna. Adossé à la porte, un homme était à ses côtés. Un homme a la longue chevelure blonde qui la toisait froidement.
    Elle l'avait déjà vu quelque part, elle en était intimement persuadée. C'était l'acteur du film amateur. Mais comment avait-il atterri ici ?
     

    60

     L'obscurité dissimulant sa fine silhouette, il prenait plaisir à l'observer depuis l'étage. Il détaillait les moindres traits que prenaient son visage, il étudiait ses expressions et se délectait de son malaise. La tension qui l'agitait était palpable et il s'en amusait beaucoup. Replaçant une mèche de ses fins cheveux blonds derrière l'oreille, un sourire lui barra le visage. Il ne regrettait en rien son choix et il était certain qu'elle serait parfaite dans sa collection. Il fit la moue alors qu’une vague pensée pour Haylee l'effleura. Il lui avait promise qu'elle resterait sa préférée, mais sur le moment, il était loin de se douter qu'il aurait un tel potentiel face à lui. Outre son petit côté torturé, elle avait quelque chose d'autre. Il n'était pas certain de savoir ce que c'était, mais ça lui plaisait beaucoup. Face a ses fantômes, elle était en train de se révéler à lui. Un peu comme une rose qui éclot dans la douce lueur du matin, elle s'épanouirait dans la Mort.

    Il était maître de son passé et il serait maître de son futur.

    60

    Lentement, il posa une main bienveillante sur l'épaule de Robyn. L'enfant à ses pieds perdait de plus en plus patience. La confrontation qui avait lieu en bas durait depuis un petit moment et elle en avait assez d'attendre, recluse dans le noir. D'ailleurs, lui aussi commençait à s'impatienter. Il avait hâte de pouvoir l'approcher, de pouvoir la toucher. De pouvoir la faire sienne. Resserrant son étreinte, il adressa un faible sourire à la fillette pour la calmer.

    Bientôt ils entreraient en scène. Oui, très bientôt ...


    1 commentaire
  • 61

    61

    Les mains tremblantes, Abby déposa l'enveloppe sur la table face à elle et chercha à tâtons le paquet de cigarettes qui était dans sa poche. A la vue de cette silhouette connue, son pouls venait soudainement de s'accélérer. Perdue dans ce monde, elle se demandait ce que cet individu pouvait bien faire dans les méandres de sa propre imagination.

    Sortant une Lucky Strike, elle la glissa au coin de ses lèvres, tremblotante. Elle ne cessait de fixer l'étage, attendant le moment fatidique où l'enfant et l'homme descendraient la rejoindre. Parce qu'évidemment, ils n'allaient pas rester dissimuler dans l'ombre pour l'éternité. C'était bien dommage ...

    Le briquet n'émit que quelques étincelles lorsqu'elle en fit glisser la molette et elle dut s'y prendre à deux fois avant d'obtenir une petite flamme vacillante. Le moindre de ses gestes trahissait son angoisse. La peur de se retrouver face à Robyn. La peur de se retrouver face à ce grand blond à la carrure imposante 

     

    61

    Tirant une longue bouffée sur sa cigarette, elle osa quitter du regard le couple immobile qui se tenait dans l'ombre. Après tout, la dimension dans laquelle elle évoluait n'était rien d'autre qu'un rêve. Et que peut-il y avoir de dangereux dans un rêve ?

    Trouvant le raisonnement assez logique, Abby tenta de se raccrocher a cette idée pour se calmer. Autant essayer de garder la tête froide et trouver un moyen de se sortir de là au lieu de paniquer.



    votre commentaire
  • 62

    62


    Elle décida de fixer son attention sur volutes de fumée qui s'élevaient autours d'elle, et elle ne remarqua pas que Robyn se faufilait au travers des escaliers, l'homme sur ses talons. Tel un fantôme, il la suivait, n'émettant aucun bruit, ne faisant craquer aucune marche. Était-il seulement humain ? Malgré ses traits fins et sa chevelure aux reflets d'or, rien ne transparaissait sur son visage. On pouvait douter ...


    62


    Perdue dans ses pensées et ses diverses théories sur l'identité du blond de l'étage, Abby sursauta lorsque la main de l'enfant se resserra autours de son bras. Robyn était là, toute proche d'elle, un pauvre petit sourire compatissant suspendu à ses lèvres. Ses yeux étaient gonflés et rougis par les larmes et sa respiration encore haletante. Visiblement, elle avait entendu les propos tenus par son grand-père à son égard. Une douleur lointaine serra alors le cœur de la jeune femme, écho de souvenirs enfouis dans les tréfonds de sa mémoire.

     

    - Tu ne devrais pas fumer souffla l'enfant en désignant sa cigarette, c'est mauvais pour la santé

    Abby lui lança un regard interloqué avant de noyer sa clope - à peine fumée de moitié - dans la tasse de café que le vieux lui avait servie.


    2 commentaires
  • 63

    63

    En temps normal, elle aurait sans aucun doute lancé a cette gamine une remarque acerbe sur sa santé, les dommages du tabac n'étant que minimes comparé a ceux de l'héroïne, mais à la place elle se tut. Malgré la terreur que Robyn lui inspirait quelques instants auparavant, face a sa détresse elle ne pouvait lutter. Alors tout doucement, elle attrapa l'enfant dans ses bras, essuya les dernières larmes de ses yeux du revers de la main et la serra tout contre son coeur.

    Et c'est à cet instant qu'elle le vit.
    Lui ...

    63

    Il était là, face à elle et immobile. Comme une statue de marbre, sa peau paraissait dure comme le roc et possédait pourtant un petit côté translucide. Ses traits fins avaient un aspect juvénile et on aurait pu dire de lui qu'il était beau. On aurait certainement pu, si ses yeux d'un bleu métallique ne vous glaçaient pas le sang. Oui, il était comme une statue. Il était froid et ne possédait aucune étincelle de vie.

    Un long frisson glissa dans le dos d'Abby. Il n'était pas humain, elle en était convaincue.
     

    - N'aie pas peur murmura Robyn doucement, il est là pour nous aider.

     

     

     

     

     

    Pfffiou, j'ai eu du mal à publier. Allez savoir pourquoi Firefox fait planter mon blog (texte, photos et mise en page des articles) et j'ai dû me remettre a google chrome. Comme quoi, ça sert d'avoir 3 navigateurs différents xD (oui, j'ai osé compter IE, j'ai pas eu le courage de le désinstaller xD)

    Sinon, que vous dire ? Ah, la dernière MAJ signera la fin du chapitre. Z'avez de la chance, lors de ma première publication, j'ai bien mis 3 mois a lever le voile sur la petite Robyn et son grand-père. J'ai perdu de mon sadisme T__T

    Je constate aussi une hausse des lecteurs fantômes. Ca faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. J'espère que ce n'est que passager (ma curiosité me pousse a vouloir connaitre l'identité des gens qui posent un pied ici) et que le beau blond vous poussera à laisser une petite trace de votre visite =) (dites n'importe nawak, même un "wouahhhh il est canon" me fera plaisir. Quoi que non, ça me fait penser aux fans de twiligth et ça fait peur >.<")

    Enfin, j'encourage les survivors a s'inscrire à la Newsletter, car n'attendez pas de miracle de ma part, les publications régulières comme en ce moment, ça ne dure jamais bien longtemps xD

     

    Sur ce, je vous dit à bientôt =)



    PS : dois-je encore m'excuser pour les photos ? Surtout l'avant-dernière, je trouvais plus la posebox T__T


    10 commentaires