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    Elle travaillait déjà depuis deux mois au restaurant « Bennett & Son's » et elle ne voyait pas le temps défiler. L'établissement, loin des quartiers qui l'avaient vue grandir, la rassurait et elle faisait preuve de beaucoup de sérieux pour laver les couverts des clients. Martin était d'ailleurs satisfait de son travail et la félicitait assez régulièrement. « Le travail de qualité fait défaut à bien des individus, alors il faut récompenser celui qui s'applique dans sa tâche » disait-il toujours. Martin se révélait être une personne peu bavarde et il ne lui posa aucune question personnelle depuis leur petites conversation. Or ce n'était pas le cas des deux autres serveuses qui ne pouvaient faire taire leur curiosité naturelle. Abigail ne les appréciait guère et elle s'arrangeait généralement pour ne pas se retrouver seule avec elles. Seul Shane semblait un tant soit peu s'intéresser à elle sans en faire un sujet de ragots. Shane avait une petite vingtaine et il vivait dans un appartement pas loin du restaurant. Il lui avoua qu'avant de bosser pour Martin, il savait à peine faire cuir un œuf. Mais ça n'empêcha pas Martin de l'embaucher ! D'après ce qu'il avait laissé entendre, Shane avait traversé le pays depuis Los Angeles pour fuir les gangs à qui il devait de l'argent. Une grosse somme d'argent … Mais aujourd'hui, il avait décroché, il ne fumait plus d'herbe, ne touchait plus aux drogues dures et il aimait sa petite vie rangée et tranquille. Oh, la cuisine, ce n'était toujours pas son truc, mais Martin était toujours près de lui pour l'aider et il aimait ça. Martin, et le rôle paternel qu'il incarnait, était crucial pour tous les jeunes qui travaillaient auprès de lui.

     

     

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    Abigail avait souri à la remarque. Elle trouvait peu à peu ses repères et le « chef apprenti » devenait tout doucement son ami. Mais ici, personne ne pouvait se vanter de connaître son histoire. Malgré l'ambiance joviale et la bonne entente qu'il y avait au sein de l'équipe, elle ne pouvait envisager de se confier. De toute façon, à quoi cela aurait servi ? Abby était un être solitaire et raconter à n'importe qui ses noirs secrets ne l'aurait pas aidé à changer.

     


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    Attablée après son service, Abigail soufflait un peu. Bien que l'établissement ne soit pas très fréquenté en journée, le monde qui affluait les soirs d'été avait de quoi la maintenir à la plonge un bon moment. Il était presque deux heure du matin et enfin, elle pouvait respirer. Nous étions dimanche – enfin lundi matin très tôt- et seul Martin était encore là. Enfermé dans son bureau, il devait certainement compter la recette de la journée. Alors, perdue dans ses pensées, elle sursauta violemment lorsque la porte vitrée de « Chez Bennett et Fils » s'ouvrit. Son cœur s’accéléra, et l'espace d'un instant, elle crut un truand de bas étage venait vider la caisse. Mais elle se calma aussitôt quand elle reconnut la silhouette d'Heather. Emmitouflée dans un grand imperméable dégoulinant, elle s'essuyait les pieds sur un tapis spécialement mis là pour l'occasion, un orage violent ayant éclaté un peu plus tôt dans la soirée.

     

     

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    Abby gratifia la femme d'un large sourire sincère et elle alla l'accueillir. Heather venait souvent rendre visite à Martin, mais jamais aussi tard. Que voulait-elle ?

     

    D'après ce qu'elle avait pu comprendre, Heather et Martin étaient de la même « école », mais Martin, après une petite descente aux Enfers avait finalement retrouvé le droit chemin et repris la direction du restaurant familial. C'était lors de son petit séjour de la rue qu'il s'était rapproché d'Heather, et depuis, ils étaient devenus bons amis.

     

    L'adolescente s'approcha de la femme qui la serra brièvement dans ses bras. Même si elle ne lui avait jamais vraiment parlé de choses personnelles, une certaine complicité s'était établie entre elles. Peut-être parce que derrière ses lunettes à monture rouge, le regard bienveillant de la serveuse lui rappelait celui de sa mère.

     


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    - Mais mon petit chat, que fais-tu encore ici à cette heure-ci ?

    Abigail haussa les épaules et répondit, sur le ton de la plaisanterie :

    - Oh, tu connais Martin ! Tu sais bien qu'il aime exploiter ses employés. Puis elle désigna un balai et un seau où une vieille serpillière trempait. Je me suis dit que j'allais aider les filles à ranger. Avec l'orage, tous les gens sont venus se réfugier et la salle était dans un piteux état.


    Heather approuva d'un hochement de tête ses dires et elle lui lança un petit clin d'oeil. Elle était satisfaite de la réponse. Depuis qu'elle travaillait ici, Abby ne rechignait pas à la tâche et il lui arrivait souvent de faire des heures supplémentaires. C'était une gentille fille avec le cœur sur la main. Martin était d'ailleurs très fière d'elle, mais il la soupçonnait fortement de vouloir le mettre en faillite. Si elle continuait ainsi, elle allait finir par avoir une fiche de paye plus importante que la sienne !

     

     

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    - Martin est dans son bureau poursuivit l'adolescente.

    - Je sais répondit le femme, c'est lui qui m'a demandé de passer. Me penserais-tu assez folle pour risquer ma vie à une heure si tardive sous ce temps de chien ? Si j'avais eu le choix, je serais restée bien au chaud chez moi ! D'ailleurs, je serais peut-être même au lit ! Elle fit la moue. Martin oublie que je tiens un petit café de quartier et que je dois être d'attaque avant huit heure. Pas comme lui, ce gros paresseux !


    Abigail sourit. Heather était une femme occupée avec son affaire et il lui aurait été bénéfique d'avoir un peu d'aide. Mais elle le lui avait dit clairement lors de leur première rencontre, elle ne pouvait pas se le permettre …

     

     


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    - Je vais te laisser mon petit chat, ajouta-t-elle, je vais retrouver Martin avant que sa tête n'explose. Quant à toi, il serait temps de te mettre au lit !


    L’adolescente l'enlaça une nouvelle fois avant de se diriger vers les escaliers, qui étaient cachés derrière une porte à la cuisine. Lorsque Heather venait, elle se sentait toujours bien, un peu comme si une partie de sa gaieté naturelle se transmettait au moindre contact. Son accent du Sud lui faisait oublier tous ses soucis et elle avait alors l'impression d'être une ado comme les autres. Car après tout, en l'espace de quelques mois à peine, elle avait retrouvé une famille et des gens pour se soucier véritablement de son sort.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    TADAM !

    Il m'en aura fallu du temps et du courage pour publier cette maj. Oh, pas parce que c'est compliqué (quoi que si quelqu'un sait comment me rendre les plafonds visibles, je suis preneuse, parce que j'en ai marre de mal cadrer mes photos >_<), mais uniquement parce que je suis un peu occupée. Dites merci à mon insomnie du moment, c'est grâce à elle que je publie à cette heure-ci !

    Bon, pour celles qui râlent qu'il n'y a pas de Cyal ... je vous avez prévenues, Cyal, il est pas pour tout de suite. Et pour celles qui me disent qu'elles sont perdues dans la chronologie, je vous invite simplement à vous montrez patiente, car le plus gros reste à venir (avouez que vous tremblez è_é)

    Sinon, que vous dire d'autre ? Je sais qu'il ne se passe pas grand chose de très intéressant, mais disons que je me devais de couper ici. Les prochaines majs s'annoncent plus ... sombres. Anarazel et son sadisme seront bientôt de retour !

     

    Ah euh ... j'ai de quoi justifier la lenteur de mes posts : essayez donc de bosser avec ça étalé sur votre bureau ! Le pire, c'est que Monsieur Dali râle si j'ai le malheur de le pousser ! Et c'est bien le bloc où est écrit DBE qui lui sert d'oreiller T_T

     

     

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    (exceptionnellement, mon bureau n'est pas rangé. Flemme T_T)

     

    Je vous laisse en musique, ce soir, j'écris avec Recorded Butterflies.
    (pas la peine de me vanter les mérites de Nana, j'aime toujours pas les shojos,. Je suis nostalgique, nuance ! xD)

     

     

     

     

    Bon, cette fois, je crois que c'est bon, j'ai terminé. A vous de commentez


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