• 9. La douleur du vide

     

    Je ne rêve que de ce sillon vermeille marqué dans ma chair. Je ne rêve que de cette douleur physique, celle que je désire et que je contrôle, celle qui prendra le pas sur mes pensées. Mais même dans un tel geste, qui pourrait oser dire qu'il me comprend ? Mon esprit est embrouillé, il est faible. Il est voué à l'échec. Je ne corresponds à aucun des modèles que l'on attend de moi. Je suis lunatique, je fais peur, je suis névrosée, je crains ceux qui m'entourent. Je suis faible. Je suis laide. J'arbore mes cicatrices, j'affronte le regard des autres. On s'interroge sur ma personne : mais qui suis-je réellement ? Je ne le sais pas moi-même. Je ne suis rien. Oui, c'est sûrement ça. Rien. Je ne suis rien. Rien. Rien. Pas le vide, non, juste rien. Un corps, une erreur ? J'aurais dû fuir, loin. Seule. Juste seule ...

     

     

    La douleur du vide, hiver 2012


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