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    Cette question n'attendait aucune réponse, pourtant Eden prit la parole.


    - Je ne suis pas unique. Je suis comme le reste de votre monde : à votre image. En cet instant, je ne suis que votre création, votre serviteur. J'incarne ce qui doit être, et c'est peut-être là ma seule différence.


    Le démon fronça les sourcils, peu convaincu par cette réponse. Et cette forme humaine – qu'il avait emprunté spécialement pour l'occasion – commençait à le gêner fortement. Il était incapable de réfléchir concrètement à la situation.


    - Ne me mens pas. Je ne maîtrise peut-être pas tous les éléments, mais j'ai assez de puissance pour comprendre que tu n'es pas le fruit de mes seuls pouvoirs. Quelque chose d'autre t'as crée avec moi, et je veux savoir pourquoi.

     

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    Eden retrouva son sourire et il s'approcha de son maître.


    - Peu importe ce qui est à l'origine de ma présence ici, le fait est que je suis là désormais. Et je le suis grâce à vous.


    Et sans ajouter un mot de plus, il posa ses lèvres contre celles de Cyal avant de se volatiliser la seconde qui suivait.

     

     

     

     

    Voilà, c'est fini pour aujourd'hui ^_^
    Je m'excuse opur la qualité des photos (soucis avec mon décor T_T)  et du texte (j'ai pas la tête à écrire ces derniers temps), mais j'espère que le tout reste passable malgré tout.


    Sinon, au vu des commentaires laissés par certains sur la dernière MAJ, je sens que je vais définitivement vous faire griller le cerveau xD
    Plus sérieusement, qui est véritablement Eden : Simple image ou personnage réel ? Est-il libre de ses mouvements ou soumis à l'emprise de Cyal ?
    Bon, vous l'aurez compris, tout ne se passe pas comme notre petit démon l'avait prévu. Mais bon, parfois, ça a du bon de ne pas s'en tenir au plan de base.

    J'avais plein de choses à vous dire, mais j'ai oublié. alors je vous invite simplement à vous inscrire à la NL (à gauche, tout en bas), ainsi qu'a lire Enquête 18 qui est relié de très près à DBE.

    Sur ce, à bientôt ^_^


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    L'esprit encore embrumé par les restes de son rêve, elle se perdit un instant dans la contemplation du paysage si tranquille qui s'offrait à elle. Il devait certainement être très tôt et le parc municipal était encore désert. Aucun enfant ne s'amusait sur les balançoires, aucun couple n'occupait les bancs proches d'elle et aucune guitare ne se faisait entendre depuis la scène. Elle soupira et chassa la mèche qui lui barrait le front. Elle était seule, encore une fois.

    La solitude, le pire ennemi de l'humain. L'individu vit et se construit par rapport au regard des autres. Ainsi, il s'adapte à la société, évolue et peut s'épanouir au milieu de ses semblables. Or, que se passe-t-il lorsque ceux-ci vous fuient ? Lorsque votre image se reflète que dans le néant ? Cessez-vous d'exister ? Ceux qui ont la volonté suivent leur propre voie pour devenir eux-même. Ils sont forts et se battent pour vivre. Et les autres … Les autres, quand ils sont seuls, disparaissent peu à peu. Leur image s'efface des esprits au fil du temps pour mourir doucement. Ils ne sont rien d'autres que les ombres d'une vie, les fantômes d'une ancienne vie.

     

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    Encore assise sur le banc qu'elle avait occupé pour la nuit, elle s'étira difficilement. Son dos lui faisait atrocement mal, tout comme sa tête. Les battements réguliers de son cœur résonnaient dans tout son être, accentuant un peu plus la migraine qui lui vrillait les tempes. Elle ferma un instant les yeux et souffla, espérant peut-être calmer la douleur qui la parcourait et chasser les dernières images de son rêve. Mais malgré ses paupières closes, dans son esprit dansait toujours l'image de son père. Ce père si dur et faisant preuve d'une grande droiture. D'une trop grande droiture même … Abigail soupira doucement. Ce père, une partie d'elle le détestait profondément et le craignait. Omniprésent, il dirigeait chaque faits et gestes de sa vie. Pourtant, elle savait que son but premier n'était pas de la réduire au néant, loin de là même. Ce père cherchait à rendre sa fille parfaite. Or la perfection ne peut s'atteindre sans quelques sacrifices … Elle émit un grondement sourd quant à sa dernière réflexion. Atteindre la perfection est une chose, l'inculquer au moyen de la violence en est une autre.


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    Elle le détestait de tout son être. Elle n'avait jamais été de nature violente, pourtant, lorsqu'elle pensait à lui, elle se voyait lui infliger les pires supplices, se délectant de ses cris et de sa souffrance. Il la supplierait d'arrêter, ne comprenant pas la raison d'une telle torture. Oh oui, elle s'imaginait parfaitement lui plantant une lame aiguisée dans le ventre et déchirer doucement sa chair tendre pour libérer ses entrailles en un flot sanglant. Elle ferait durer l'instant, ne le tuant pas sur l'instant. Un être aussi horrible que lui ne méritait pas d'être délivré d'un tel châtiment !
    Sa fuite ne durerait qu'un temps. Un jour ou l'autre, elle aurait assez de forces pour lui faire face. Et ce jour là, elle serait enfin délivrée de tous ses démons !

     

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    Cette fois-ci, elle souffla un bon coup et elle se leva. Tout autours d'elle devint flou, mais peu lui importait. Les restes de son cauchemar, qui l'avaient d'abord faite trembler, lui avait donner un peu de force, juste assez pour avancer une journée de plus dans la vie. Demain, elle ne savait pas où elle serait et elle s'en fichait. Un peu comme un drogué qui tente de décrocher, elle ne voyait pas le futur, et seul lui importait l'instant présent. Elle ne vivait qu'un jour après l'autre et c'était amplement suffisant.

    D'un pas chancelant, elle se dirigea vers la sortie du parc municipal. Le soleil n'était pas encore très haut dans le ciel, mais sa caresse contre sa peau glacée lui était agréable. Elle sourit faiblement malgré la douleur et la paysage flou, et elle avança dans la ville de Chicago sans réellement savoir où elle allait.

     

     

    Petite maj, histoire de vous montrer que je ne vous ai pas oubliés. Je ne suis pas vraiment fière de ce texte. En ce moment, je n'ai pas vraiment à la tête à écrire, ni à être sur les sims. Enfin bon, j'espère que retrouverais un peu de courage ...


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    Les quelques nuages qui envahissaient le ciel s'étaient complètement volatilisés, laissant la douceur du soleil mordre sa peau pâle. Une petite brise agitait les mèches brunes de ses cheveux, et machinalement, Abigail les chassa en arrière. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle errait ainsi dans les rues, et peu lui importait. Perdue au milieu des inconnus foulant le pavé à ses côtés, elle n'était plus qu'une ombre.

    Elle poursuivit sa course insensée un moment encore, et ce n'est que lorsque son ventre émit un grondement sourd qu'elle s'arrêta enfin. Ne sachant pas l'endroit précis où elle se trouvait, elle repéra malgré tout la devanture d'un petit café de quartier et elle s'y risqua.

     

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    Il était encore tôt pour un goûter, mais déjà quelques habitués étaient attablés à siroter un café. Aucun d'eux ne lui prêta un regard et elle alla s'installer au fond de l'établissement, sur une vieille banquette au tissu usé. Ce n'est que la serveuse, dissimulée derrière son comptoir, qui lui accorda de l'attention. Quasiment invisible derrière sa caisse enregistreuse, elle l'observait de ses prunelles d'un noir profond. Abigail l'ignora, fourrant la main dans les poches de son jeans à la recherche d'un peu de monnaie. Étalant devant elle toute sa fortune, elle réussissait à atteindre les dix dollars. Avec ça, elle avait assez pour se remplir le ventre pour la journée. Et le lendemain ? Elle chassa cette pensée du revers de la main. Y aurait-il encore un lendemain pour elle ? Si c'était le cas, elle improviserait ? Après-tout, elle avait très bien survécu jusque là.

     

     

    (mattez moi ce fu**in' décor. J'y ai passé des heures car j'arrivais pas à reproduire ce que j'avais en tête Y__Y)


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    La serveuse déposa devant elle une tasse de café bien chaud ainsi qu'un pain au chocolat. Le parfum qui se dégageait de la viennoiserie lui avait ouvert encore un peu plus l'appétit, et elle n'attendit même pas que la femme eut tourné les talons pour mordre dedans à pleine dents. La serveuse, qui frôlait la cinquantaine, lui lança un clin d’œil complice avant de disparaître à nouveau derrière son comptoir. Visiblement, des ados fauchés, elle en avait assez vu pour les reconnaître au premier coup d'oeil.

    Savourant son café, elle était perdue dans ses pensées. L'idée de vengeance ne l'avait pas quittée depuis son réveil, et même après quelques heures, elle restait bien ancrée dans son esprit. Même si son esprit tentait encore de lui faire entendre raison, son cœur, quant à lui, lui hurlait que son père devait payer pour tout ce qu'il avait fait. Pour tout ce mal qu'il avait fait à sa mère. À elle. Et à Mattie. Aujourd'hui, Mattie devrait être une petite fille âgée de presque 8 ans. Elle devrait se chamailler avec sa sœur pour des broutilles, jouer encore avec ses poupées. Se déguiser. Elle devrait être une enfant pleine de vie et joyeuse. Mais Mattie n'aurait jamais ses huit ans, et Abigail n'arrivait à conserver d'elle que le souvenir d'une énorme flaque de sang. Mathilde était morte depuis des années maintenant, et pourtant, elle ne cessait jamais de penser à elle.

     

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    Quant à sa mère, même si son père ne l'avait pas directement tuée, elle était intimement convaincue qu'il était responsable de sa maladie. Abigail ne savait pas de quoi il en retournait exactement -elle ne comprenait pas tout le jargon médical- mais elle se souvenait que sa mère était très fatiguée. Parfois, la douleur était si forte qu'elle refusait même de quitter son lit. Alors dans ces moments, Abigail n'allait pas à l'école et elle s'occupait de toutes les tâches ménagères. Elle cuisinait, elle récurait, repassait et pliait le linge. Et bien sûr, elle faisait en sorte que la colère de son père ne s'abatte pas sur elle. Ce ne fut que lorsque ses absences scolaires furent trop nombreuses pour être justifiées, qu'on plaça sa mère en clinique. En repensant à cette époque, le cœur d'Abby se serra. La clinique, qui acceptait de la prendre en charge contre une somme généreuse, ne l'avait accueillie que sept jours. Une pauvre, une misérable, semaine. Au milieu de tous ces malades, loin de sa fille, elle avait préféré fuir de l'institut, ne laissant aucune trace possible pour qu'on puisse un jour la retrouver. Elle était partie, avec pour seul et unique bagage son sac à main et quelques malheureux dollars. Abby l'imaginait monter dans un taxi, se fichant de la destination du moment qu'elle était loin de tout ça. Ainsi, elle s'était volatiliser, laissant sa fille aînée seule avec son père.

    Au départ, Abigail lui en avait voulu. Trop jeune pour comprendre ce geste désespéré, elle pensait avoir été abandonnée par le seul être au monde encore capable de l'aimer. Mais aujourd'hui, avec cette haine naissante, sa vision des choses s'était pervertie, ce n'était plus le cas. Aujourd'hui encore, elle était incapable de saisir l'intégralité de de la portée de son acte, mais elle savait que si sa mère était partie, c'était pour une raison valable. Maintenant, sa mère n'était plus qu'une entité à qui elle s'adressait parfois, et là, tout au fond d'elle, elle savait qu'elle avait rejoint Mathilde parmi les anges.


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