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    hebergeur image *
    Elle venait d’arriver au sommet de l'escalier, lorsque dans son dos l'horloge sonna une heure. Le carillon résonna, lointain. C'était comme si le bureau qu'elle venait de quitter se trouvait a une centaine de mètre et non plus a dix pas. Et puis, pourquoi diable est-ce que cette maudite pendule ne sonnait qu'une seule fois ? Il était bien plus qu'une heure du matin, Abby en était certaine. Ne serait-ce que lorsqu'elle s'était injectée sa dose, minuit avait été largement dépassé.

    Elle soupira. Après tout, où était la logique dans un rêve ?

    Elle venait de déboucher sur un salon. La télévision était allumée et c'était d'elle que la voix provenait. A l'écran, une jeune présentatrice déambulait sur le plateau, un micro à la main. La jeune femme fixa l'objet, muette. L'image était en noir et blanc. C'était un fait. La télé n'était rien d'autre qu'une antiquité ...

    * hebergeur image *
    Elle quitta enfin la marche de l'escalier pour s'engager dans le salon a proprement parler.  C'était un peu petit. Depuis la rue, la maison avait l'air beaucoup plus grand. Fallait croire que ses sens lui jouaient des tours. Rien de bien étonnant sachant qu'elle n'avait jamais été très douée pour évaluer les distances.

    Balayant vaguement la pièce du regard, ses yeux gris se portèrent sur le chien de garde de la demeure. Tout d'abord, Abby l'observa en se demandant comment elle pourrait faire pour redescendre discrètement tout en échappant à ses crocs. Mais la bête ne bougeait pas. Pire, elle remuait la queue, encourageant la visiteuse à venir le voir.


    - Tu crois que c'est prudent, la Petite-voix ?

    - C'est à moi que tu demandes ? Tu crois à une hallucination, alors tu n'as pas besoin de moi pour cautionner tes actes


    Abby siffla entre ses dents quelques injures. Pour qui il se prenait se gamin squatteur ? Heureusement que ce n'était qu'une voix, sinon il aurait eu une bonne gifle depuis longtemps. Elle ne supportait pas les enfants. Ces être immondes, toujours en train de brailler et de supplier. Et puis, les enfants c'est tellement innocents que ça se laisse manipuler. Un enfant, au final, n'est rien d'autre qu'une véritable plaie. Aussi bien pour les parents que pour lui-même ...


    - Et puis flûte ! Jai toujours voulu avoir un chien murmura la brune


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     Elle quitta la cage d'escalier et s'avança tranquillement vers l'animal qui ne bougeait pas. Peut-être l'avait-on drogué ? Ou alors, il n'était vraiment pas un bon chien de garde.Abby tendit sa main vers le bel épagneul. Il renifla vaguement ses doigts avant de s'en détourner rapidement.


    - Hey ! C'est pas sympa le chien ! !  fit-elle, faussement vexée


    Elle caressa distraitement le chien. Son corps était chaud, sa fourrure douce. Son hallucination était vraiment bien élaborée !
    En bruit de fond, la télévision continuait son monologue, la présentatrice débitant un flot impressionnant de paroles. Abby regarda l'écran, l'air dubitatif. Comment une personne pouvait-elle enchainer autant de mots sans reprendre son souffle ?
    Et puis il y avait toujours cette odeur alléchante. Son ventre émit un étrange grondement à la pensée qu'elle pourrait peut-être manger quelque chose.


    - Je suis désolée, mais je te laisse là. Fais-moi signe si ton maitre débarque, pour que je puisse me carapater avant qu'il ne me voit.

    * hebergeur image *
    Elle quitta le petit salon pour une cuisine encore plus minuscule.
    La pièce était des plus simples et peu meublée. La tapisserie délavée se décollait dans les angles. Aucun appareil électroménager ne venait envahir l'espace et seul le moteur du réfrigérateur ronronnait bruyamment. C'était assez miteux, elle devait bien l’avouer. Mais comparé à la où elle vivait, c’était le grand luxe.

    Humant l'air, Abby arborait désormais un grand sourire. L'arôme émanant de la casserole sur le feu lui rappelait ce que sa mère cuisinait dans son enfance. Avant que sa vie ne bascule à tout jamais.

     


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    Avant de s'aventurait plus dans la pièce et d'accéder enfin a son potentiel repas, la jeune femme se stoppa sur le pas de la porte. Son regard se porta sur une boite de médicaments qui trônait à ses côtés. Le flacon était renversé sur l'un des plans de travail, et quelques comprimés s'étaient éparpillés. Elle attrapa l'objet et l'examina attentivement. Sur l'étiquette, il était inscrit qu'il s'agissait d'antidépresseurs.
    Un long frisson glissa dans son dos. Ce genre de médicaments, elle connaissait. Et si on dépassait les doses, les effets secondaires pouvaient être terribles.



    - Enfin, quoi que pour être sous ce genre de médoc, faut aussi être un peu atteint. T'es pas d'accord la petite voix ?

    - Tu oses me poser la question, toi qui converses avec une voix que tu crois imaginaire ?


    Abby ne répondit pas à la provocation de la Petite Voix. Elle était folle, elle le savait. Et sûrement bien plus que celui qui devait ingurgiter ces antidépresseurs. Elle, elle avait dépassé ce stade depuis longtemps. Ce type de médicaments peut être considéré comme une drogue - aussi bien à cause des effets souhaités, que de la dépendance qu'ils provoquent - mais la jeune femme avait carrément préféré la drogue. La vraie. Celle avec un grand D. Celle qu'on voit dans les films. Au moins, c'était radical. Et on ne se voilait pas la face avec le nom hyper compliqué d'une maladie. Oh, bien sûr, elle aussi avait goûté a ce truc quand elle était plus jeune. Sans aucun effet. Ses rêves la hantaient toujours. L'odeur du sang aussi.
    Au final, les antidépresseurs ne lui avaient pas servi à grand chose. Juste à lui faire croire qu'elle pourrait s'en sortir. Mais comment aurait-elle pu le faire de toute façon ? Comment aurait-elle pu oublier ce que ses yeux d'enfants avaient vu ?

    * hebergeur image*

    Elle secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Comme pour la rappeler à l'ordre, son ventre émit un étrange grondement. Elle devait manger. Elle penserait après !
    S'approchant de la gazinière, la jeune femme se saisit de la cuiller en bois qui était près d'elle. Elle renifla le contenu du plat qui cuisait, savourant la moindre odeur.
    Puis elle plongea délicatement sa cuiller dans le contenu de la casserole avant de la porter à ses lèvres. Elle ne réussit pas à identifier ce dont il s'agissait, mais une chose était sûre, c'était bon. Elle n'aurait pas pu espérer avoir une meilleure hallucination. Tout d'abord, elle avait eu un peu de vin. Ensuite elle se remplissait le ventre. Et puis, il ne fallait pas oublier son amie la Petite voix. Une charmante personne ...


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     Alors qu'elle s'apprêtait à avaler une seconde bouchée, le téléphone retentit. Etrange sirène au milieu du calme ambiant de la maison. Abby stoppa son geste, prête à se faire prendre en flagrant délit. Que lui arriverait-il quand le propriétaire la trouverait dans sa cuisine, en train de massacrer son diner ?


    - Sûrement pas grand chose, ce n'est qu'un rêve après tout ...


    L'enfant garda le silence. Il n'avait pas à répondre à ce genre de propos. Son rôle était seulement de la guider, pas de la rassurer.
    Les secondes s'écoulèrent. La sonnerie stridente de l'appareil ne se taisait toujours pas et personne ne voulait venir répondre. Aucun bruit de pas. Rien. A croire que la maison était vide. Etrange puisqu'on ne laisse pas quelque chose sur le feu sans surveillance en temps normal.

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      Abby soupira et posa, sur la petite table, sa cuiller. Que devait-elle faire ? Etait-ce un signe du destin, l'incitant à fuir ? Elle secoua nerveusement la tête. Elle ne croyait pas au destin. Faisant demi-tour, elle se retrouva face au téléphone qu'elle attrapa d'une main tremblante avant de murmurer un faible "allo".  A l'autre bout du fil, elle espérait trouver quelqu'un qui ne se rendrait pas compte de la supercherie. Elle était peu convaincue que son coup marcherait, mais pourtant une voix s'éleva. Un homme au timbre grave et sensuel.


    - Restes avec nous, tu ne voudrais pas rater la fête après tout ?


    Et l'homme raccrocha brusquement. Abby regarda le combiné qu'elle tenait dans sa main. Un sourcil relevé, elle se demandait quel sens pouvait avoir ses paroles.


    - Y a pas que moi qui suis siphonnée apparemment conclut-elle


    Après ce bref coup de fil, elle eut l'appétit coupé, la curiosité ayant pris le dessus sur sa faim. Fallait dire que mis à part le chien et la casserole, elle ne s'était pas intéressée a grand chose.
    *

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    Elle quitta la cuisine et s'arrêta dans l'embrasure de la porte. Quelque chose venait de changer. La jeune femme n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, mais pourtant, il y avait quelque chose de bel et bien différent.
    Dans le salon, le chien avait disparu et elle n'avait plus que la télévision comme unique compagnie. A l'écran, la jeune présentatrice était entourée de plusieurs hommes. Leurs visages étaient déformés en une grimace hideuse par un sourire. Un sourire qui dévoilait leurs dents bien trop blanches. Aucun d'eux ne prenait la parole.
    Abby eut un frisson devant cette image. Elle quitta la télé des yeux et préféra emprunter le petit couloir à sa droite. Si elle avait patienté quelques secondes, elle aurait pu entendre un des hommes en noir et blanc annoncer la mort du président des Etats-Unis. Kennedy venait d'être assassiné. Nous étions donc en 1963.

    Etait-elle toujours dans un rêve ?

     

     

     

    Alors, une idée de ce qu'il se cache dans cette maison ? (Pour les connaisseurs, on ne souffle pas >.<)

     


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    Sur sa droite, ce fut une porte close qui attira son attention. En effet, devant elle reposait une masse informe qu’elle n’arrivait pas à identifier. Elle s'approcha d'avantage, curieuse de savoir ce que cette chose pouvait-être. En tout cas, c’était poussiéreux. Et pas qu'un peu. Ce qui servait de tapis avait dû accumuler des années de crasse. Abby se pencha pour mieux l'examiner. Ce n'était pas un vulgaire tapis. Elle se trompait, et largement. A ses pieds, le chien qu'elle avait caressé quelques instants plus tôt était mort. Son corps était sec et a moitié rongé par les vers. La jeune femme eut un haut le cœur. Mais que lui était-il arrivé en moins de cinq minutes pour qu'il soit dans cet état ?

    Elle enjamba le cadavre de l'animal et posa sa main sur le bouton de porte. A première vue, si la bête avait rendu l'âme devant cette pièce, ce ne devait pas être pour rien.

     Abby pénétra donc dans la salle de bain de la maison. Il régnait à l'intérieur une étrange odeur. Elle inspecta brièvement les lieux. Une salle d'eau comme toutes les autres. Une baignoire, un meuble encombré de produits de beauté divers ...

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    Elle allait quitter la pièce, il n’y avait rien de bien palpitant ici,  lorsqu'elle se rendit compte que quelque chose collait sous ses chaussures. Alors elle baissa les yeux et ce qu'elle découvrit lui donna la chaire de poule. Ses semelles étaient entourées par du sang. Un sang qui aurait normalement dû sécher. Or, en cet instant précis, il était tout ce qu'il avait de plus frais.
    Elle étouffa un cri. Du sang, mais a qui était-il ? Etait-ce celui du chien ? Peu probable ... Et puis cette odeur si étouffante, c'était quoi ? Elle la connaissait, mais elle était incapable de mettre le doigt dessus …




    La Mort

     


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