• Enquête 18

     

     

    Vous connaissez celle qu'on surnomme « la Maison du Diable » ? Je pense que vous en avez certainement déjà entendu parler, aller, un petit effort. Vous ne voyez toujours pas ? Oh, peut-être êtes-vous trop jeunes pour vous être intéressés aux meurtres survenus dans une petite maison tranquille d'Amityville. Laissez moi vous résumer simplement : en 1974, le fils aîné de la famille Defeo décide de tuer sa famille à l'aide d'une arme à feu pendant leur sommeil. L'enfant aurait pu être pénalement irresponsable, puisqu'il avouera que c'est le Diable lui même qui l'aurait obligé à commettre ces meurtres. Bien sur, il n'y a rien de surnaturel là dedans, voyez le nom donné à l'affaire juste comme un gros coup médiatique. C'est bien connu, les journalistes ont un humour assez douteux. Mais vous voulez que je vous dise ? Nous, on a trouvé la véritable maison du Diable. Théâtre de phénomènes paranormaux et de divers disparitions inexpliquées, elle se trouve dans la banlieue de Chicago, dans l'Illinois. Pourtant son histoire n'a rien d'exceptionnelle : pas de cimetière indien, pas de rites sataniques. Or, d'après ceux qui ont pu y mettre les pieds, il s'y passe des choses horribles. A voir ce que nous allons y découvrir Simon et moi.

    Ceci est notre dix-huitième enquête, et nous allons passer une nuit complète dans cette maison pour y découvrir la vérité.

     

     

    Quelques précisions :

     

    • Enquête 18 est ma propriété exclusive
    • Les images sont à moi, sauf précisé
    • Enquête 18 est un projet qui se veut relativement court.
    • Les illustrations ne seront pas toujours présentes car elles me limitent considérablement dans l'écriture.
    • Cette histoire est en lien avec l'univers de Dans les bras de l'Enfer, mais il n'est pas obligatoire de l'avoir lue.

     


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  • Prologue

      

    Prologue

     
    Son corps n'était plus que douleur. Elle enveloppait tout son être de sa douce chaleur et elle se diffusait lentement au travers de ses membres, à chacune de ses respirations, à chaque battement de son cœur. Et sa tête menaçait d'exploser s'il esquissait le moindre mouvement.
     Il ne se souvenait pas de l'accident, du moins pas du choc en lui-même, ni de ses causes possibles. Il se revoyait au volant de sa vieille voiture, fendant l'obscurité de la nuit à vive allure. Il allait vite, bien plus vite que la limitation indiquée et il ne prit pas la peine de ralentir lorsqu'il entra dans une petite agglomération endormie. Sur un air de musique rock, il enfonça encore un peu plus la pédale de l'accélérateur pour finalement retrouver les ténèbres. Et à partir de là, c'est le vide absolu. Le néant. Comment s'était-il retrouvé piégé dans sa voiture, son corps complètement meurtri par le choc de l'accident ? Avait-il fait un sortie de route ? Avait-il percuté un arbre ? Un animal ? Ou une ... personne ?
     
    - Une personne ...

    Il avait soufflé ces quelques mots avec peine, mais le son de sa propre voix le rassura un peu au milieu du calme de l'obscurité. Mais maintenant, l'image commençait à s'imposer dans son esprit et ses souvenirs lui revenaient peu à peu. Il n'était pas seul cette nuit et il y avait bel et bien eu quelqu'un, mais pas dehors. Non, pas dehors, mais à l'intérieur du véhicule avec lui.

    - Impossible ...

    Après avoir enfilé sa veste et glissé son téléphone dans sa poche, il se souvenait parfaitement avoir pris la route. Seul, car il avait besoin de se changer les idées. Pourtant après être sorti de la bourgade, alors qu'il avait jeté un regard distrait dans son rétroviseur central, il l'avait vu installé sur la banquette arrière. Il était assis juste derrière lui, à quelques centimètres à peine, sa silhouette dissimulée dans l'obscurité. Mais alors que les battements de son cœur s'accéléraient, l'ombre disparut et il perdit le contrôle de la voiture dans un virage un peu trop serré. L'engin quitta la route et l'instant d'après, il s'encastra dans un arbre qui se trouvait plus loin. La carrosserie s'était tordue dans un bruit assourdissant et il perdit connaissance lorsque sa tête heurta violemment le volant.

     

    Prologue

     
    Son accident résultait d'une hallucination, et maintenant, seul et désorienté, il était perdu au milieu de nulle part. Pris d'une panique soudaine, il tenta de détacher sa ceinture de sécurité pour se sortir de là. Mais à peine avait-il bougé qu'une vive douleur le saisit et il lui fut presque impossible de respirer. L'air ambiant lui brûlait les poumons et à chacune de ses bouffées, il avait l'impression d'être dévoré de l'intérieur par un immense feu. Il devait très certainement avoir une côte fêlée. Mais il ne pouvait pas rester seul ici ! Certes, quelqu'un finirait peut-être par trouver l'épave, mais au bout de combien de temps ? Lui-même ignorait l'endroit où il était, suivant les petites routes sinueuses au gré de ses envies. Se trouvait-il le long d'une route fréquentée ou non ? Sa voiture était-elle visible depuis la chaussée ? Et pire, est-ce que son état de santé pouvait attendre qu'un individu lambda le retrouve ? S'il voulait se sortir de ce pétrin, il allait devoir le faire lui-même et son téléphone portable serait son salut. L'objet, toujours dans sa veste, attendait sur la banquette arrière. Il n'avait qu'à se retourner doucement et attraper le vêtement.
    Il attendit un instant, se préparant à avoir mal de nouveau, il prit une grande inspiration et il ferma les yeux. Tentant de se retourner le moins possible, il lança son bras droit derrière lui, et à tâtons, il chercha sa veste. Sa main toucha d'abord le velours du fauteuil et il laissa échapper un juron. Ça faisait un mal de chien, et en plus, il n'était pas certain de tenir la position encore longtemps. Il bougea avec précaution son bras quand soudain, il fut saisi par un froid intense. Ça partait de sa main pour remonter jusqu'à son épaule. Pensant qu'il avait très certainement réveillé une nouvelle blessure, il tenta de ramener son membre devant lui pour l'inspecter. Mais son corps ne lui obéissait pas et il resta coincé, son bras entre les deux sièges avants. Ouvrant les yeux qu'il avait gardés clos pour se concentrer, il jeta un regard dans son rétro, espérant voir ce qui clochait avec sa personne. Ses prunelles grises s'agrandirent, sa bouche se déforma en une grimace obscène, mais aucun cri ne put sortir de sa gorge. Derrière lui, une silhouette, la même que celle qu'il avait aperçue plus tôt dans la soirée. Mais cette fois, il pouvait facilement distinguer son visage dissimulé jusque là dans la nuit. C'était un homme à la carrure imposantes et aux traits marqués par une vie difficile. Son nez était tordu, trahissant une vilaine fracture mal remise, sa mâchoire carrée et son menton volontaire. Assis tout près de lui, ses grands yeux bleus larmoyants, son père retenait de ses doigts tordu par l'arthrose son poignet.


     

    Prologue




     
    - Pardon souffla-t-il


    Et Jack, ne comprenant pas ce qui était en train de se passer dans les restes de sa voiture, perdit connaissance tandis que la silhouette de l'homme se perdait à nouveau dans les ténèbres de la nuit. Ce n'est que lorsqu'il reprit ses esprits à l'hôpital, après deux jours de coma, qu'on lui annonça que la nuit de son accident, son père s'était suicidé d'une balle dans la tête. Il tenta de parler de cette étrange apparition au médecin qui s'occupait de lui, mais il ne le crut pas. Au vu de son état physique, le spécialiste lui expliqua qu'il n'avait certainement pas repris connaissance après le choc et que jamais il n'aurait pu esquisser un mouvement pour se sortir de sa voiture. Sa colonne vertébrale avait été touchée et il était peu probable qu'il puisse un jour être à nouveau une personne autonome.

     

     

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    - T'es sûr que c'est une bonne idée ? Lâcha Simon d'un ton plutôt réprobateur. D'habitude, tu ne prends pas les on-dit au sérieux. Surtout quand il n'y a pas de preuves probantes. C'est bien ce que tu m'as dit, non ?


    Jack s'enfonça un peu plus dans son fauteuil et il sirota une gorgée de soda directement à la canette. Il aurait préféré une bière, mais Simon se bornait à ne pas en acheter, préférant éviter la présence de l'alcool sous son toit.


    - Y a pas de preuves, mais je sens qu'il y a quelque chose d'étrange là-bas et j'ai bien envie de vérifier ça par moi-même.

    - Ton instinct de chasseur ?


    Jack hocha silencieusement la tête et ajouta :

    - T'aurais quand même pu faire l'effort de prendre un pack de bières. C'est pas ton môme qui va aller les chercher dans le frigo, il est même pas capable de faire trois pas sans se rétamer sur le plancher.

     

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    Simon ne répondit rien, se contentant de chasser cette remarque d'un geste vague de la main, et il jeta un bref coup d’œil à Jude qui jouait seul. Père célibataire, il savait qu'il portait parfois trop d'attention à son fils, voulant très certainement compenser l'absence de sa mère. Mais si l'alcool avait été bannie de sa maison, c'était surtout parce qu'il en avait trop longtemps abusé pour faire taire toutes les voix qui ne cessaient jamais de le harceler.

     


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    - Mais ton instinct a parfois des ratés. Et je t'avoue que ça me branche pas des masses d'aller jusqu'à Chicago pour rien.

    - Ce n'est pas rien, c'est un lieu hanté  rectifia Jack. Et puis si c'est pour Jude que tu t'inquiètes, tu peux toujours le confier à Amanda. Après tout, c'est sa mère et c'est pas normal que ce soit toi qui t'en occupes. C'est bien le rôle des femmes d'élever la marmaille, non ?

    - Amanda n'a pas de temps à consacrer a une vie de famille. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a divorcé, je tiens à te le rappeler répondit-il calmement


    Il n'argumenta pas plus, sachant pertinemment que ça ne servirait à rien avec son ami. Jack n'était pas méchant -mais il était borné et manquait cruellement de tact- et il le connaissait depuis assez longtemps maintenant pour ne plus se sentir blessé par ses paroles. Jack était comme ça, et il ne changerait plus.


    - Okay, okay, c'est vrai, c'est une femme très occupée. Dans ce cas, tu pourrais très bien le confier à une nourrice où à la voisine. C'est bien ce que tu fais quand on part enquêter de nuit.

    - Je pourrais, mais je ne le souhaite pas. Du moins, pas tant que tu ne m'auras pas convaincu d'aller à Chicago. On est deux chasseurs de fantômes, amateurs qui plus est, et notre travail n'est pas reconnu. On est loin d'avoir le budget de Ghost Adevntures ou de TAPS pour financer nos expéditions. Et je ne peux pas me permettre de m'absenter pour rien.

     

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     Jack passa sa grosse main dans sa tignasse hirsute. Ils n'avaient peut-être pas la reconnaissance de la foule, et ce n'était pas ce qu'ils recherchaient de toute façon. Du moins, c'était son point de vue. Lui, il voulait simplement prouver aux gens qui le croyaient fou que les fantômes existaient. Il voulait prouver à ce maudit toubib qu'il avait vu l'apparition de son père et que c'était bien réel. De toute façon, comment aurait-il pu imaginer quelque chose d'aussi morbide ? À l'époque, il était loin de se douter que son père ne s'était jamais remis du décès de son épouse -qui avait eu lieu alors que Jack n'avait que quinze ans- et qu'il cachait une arme à feu dans sa propre maison ! Non, s'il avait su tout ça, il aurait fait le nécessaire pour que cette fin tragique soit évitée. Son père serait encore en vie, et lui, il n'aurait pas passé dix ans de sa vie à jongler entre un fauteuil roulant et les séances de kiné, à endurer le regard compatissant des ses proches et l'indifférence des médecins.


    - Ça te va si je te dis que je connais du monde là-bas ?

     


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    Simon arqua un sourcil, visiblement assez étonné de voir que son ami ait pu garder un semblant de vie sociale. Jack n'avait jamais eu de faible pour les relations humaines et ça ne s'était pas arrangé avec son handicap. Il l'avait connu à l'hôpital, quatre ans auparavant, et rien ne les prédestinait à devenir ami, si ce n'est leurs diverses aventures face au paranormal.

    - Ah ?

    - Ouais, ça remonte à loin. À l'époque, j'étais jeune, séduisant et je me défendais pas mal au basket. Répondit-il, un léger sourire fiché sur les lèvres. C'est d'ailleurs lui qui m'a parlé de cette maison. Il la surnomme la « Maison du Diable », en honneur à celle d'Amityville, parce que les rumeurs disent qu'un démon y a élu domicile. Pour cette partie, j'ignore si c'est vrai ou pas, mais ce serait drôlement amusant de venir le déloger. En tout cas, ce qui est vrai, c'est que cette baraque est le seul dénominateur commun pour une bonne dizaine de disparitions.

    - T'as vérifié ?

    - Bien sur, pour qui tu me prends ? enchaina Jack sur un ton faussement vexé. Et le plus étrange dans toutes ces histoires, c'est que les seules personnes à pouvoir ressortir de cette maisons sont les enfants. Et eux, il racontent pas mal de trucs. Mais comme je suis sympa, je t'en ferais grâce.

    - Franchement, je ne sais pas quoi penser. Les témoignages des enfants ne sont pas crédibles car ils ont tendance à voir la réalité d'une toute autre façon que nous. Tu le sais tout aussi bien que moi.

     

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    Simon quitta son siège et se planta devant la fenêtre. Il vivait seul avec son fils de deux ans dans une maison qu'il jugeait trop grande pour eux, mais il n'avait jamais eu le cœur de déménager. C'était ici qu'il avait vécu ses plus belles années en compagnie de son ex-femme, et il avait l'impression qu'il perdrait tous ces souvenirs de bonheur s'il vidait les lieux. Ils avaient divorcés peu de temps après la naissance de Jude, Amanda invoquant le prétexte d'une vie professionnelle trop remplie. Oh, ça pouvait être vrai, mais Simon n'en était pas certain. Pour lui, si sa femme l'avait quitté, c'était tout simplement parce qu'elle ne l'aimait plus. Et s'il avait obtenu la garde de Jude, c'était c'était dans le seul but que celle-ci refasse sa vie sans contraintes.



    - Admettons que je laisse Jude chez sa nourrice, tu penses qu'on en aurait pour combien de temps à Chicago ?

    - Ça, je ne sais pas. Je dirais deux jours, trois tout au plus si on a un souci avec le matériel. La maison en elle même n'est pas excessivement grande.

     


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