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    - Se séparer ?! Releva son ami. T'es sérieux ? Surtout après la crise que tu as faite quand on est entrés.


    Jack grimaça. L'idée d'être seul ici ne l'enchantait guère, mais s'il en croyait Shane, il ne risquait pas de croiser le moindre petit fantôme.


    - C'est bon, la baraque n'est pas grande et on a nos talkies-walkies. Si un truc cloche, on peut se retrouver en un instant. Et au moins, je ne serai pas dans tes pattes si tu trouves un fantôme bavard.


    Simon leva les yeux au ciel, blasé par ce comportement si lunatique, et acquiesça.


    - Quand tu auras terminé ta session de PVE, il faudra qu'on se retrouve, histoire qu'on fasse le point sur ce qu'on a pu découvrir. Et bon courage, lança-t-il d'un ton mutin, un petit sourire suspendu aux lèvres.

     

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    Jack gronda entre ses dents. Les PVE, ou phénomènes de voix électronique, consistaient à tenter de créer un dialogue avec des personnes disparues en enregistrant leurs réponses sur un magnétophone. En éliminant certains bruits parasites et en modifiant les fréquences ultérieurement, il devenait alors possible de percevoir distinctement certains mots en réponse à nos questions. Or cette partie de l'enquête, bien que nécessaire pour toute personne ne possédant aucun don, n'intéressait pas autant Jack. Lui, il adorait arpenter les vieux bâtiments, armé de son caméscope, provoquant lui-même l'action. Il n'aimait pas rester passif quand la nuit s'offrait à lui.

    Il fourra l'article dans une de ces poches, s'éloigna de la fenêtre et attrapa son paquet de Chesterfield. La flamme de son briquet vacilla et il eut bien du mal à allumer sa cigarette, visiblement contrarié par la tournure que prenait la soirée. Mais une chose était sûre, si quelqu'un devait trouver le démon de cette maison et résoudre cette énigme, ce ne pouvait être que Simon.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tadam, une MAJ !!!
    Alors, qu'en pensez-vous ? Pour en rassurer quelques uns, les photos sombres touchent bientôt à leur fin. D'ici peu, l'enquête va prendre un nouveau tournant. Des idées sur ce qui attend nos chasseurs ?

    N'hésitez pas à me laisser vos impressions, vos théories (même les plus folles), histoire de me faire savoir où je mène ^.^

    Je vous laisse en musique : aujourd'hui, il s'agit d'un titre de Project Pitchfork, un groupe que j'aime beaucoup ^.^

     

     

     

    ps : j'aime pas les maj d'Ekla. Je suis larguée avec la mise en page Y__Y

     

     

    N'oubliez pas l'inscription à la NL pour être prévenu des maj. Elle se fait dans le menu à gauche,  en bas ^^

     


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    L'architecture de la maison se présentait d'une bien étrange façon. La façade, dans un style victorien, laissait supposer un intérieur simple avec des pièces vastes et ouvertes : une cuisine donnant sur un petit salon avec un escalier pour accéder à l'étage où des chambres, peut-être quatre, se trouveraient. Mais rien n'était comme ça. Le bureau par lequel ils étaient entrés donnait sur un long couloir sombre, où de chaque côté des portes closes s'alignaient. Cette construction donnait un air très irréel à l'endroit et n'avait rien de très rassurant. Jack se félicita de ne pas avoir oublié sa torche ainsi que sa caméra à vision nocturne, et il avança un peu plus dans le couloir. Il avait dit à Simon que sa session de PVE se déroulerait dans le bureau, mais il était trop curieux et tenait absolument à visiter les lieux avant toute chose. Après tout, comme il l'avait si bien fait remarquer à son ami, la maison était petite et il ne risquait pas de s'y perdre.

     

    Pour lui, chasser les fantômes était aussi excitant que d'explorer l'endroit. Peut-être était-ce son côté voyeuriste qui s'exprimait, mais il prenait bien du plaisir à arpenter ces lieux abandonnés où le temps semblait être suspendu. C'était une sensation des plus grisantes que de pénétrer ainsi l'intimité d'autrui. Alors sans se poser de réelles questions, il poussa la première des portes de ce long couloir. Une pièce aveugle. Il dégaina sa torche et chassa ainsi les ténèbres. Vide. Peut-être s'attendait-il à trouver quelque chose d’extraordinaire entre ces murs, quelque chose qui n'avait rien à faire là, quelque chose qui collerait au style bancal de la maison. Malheureusement, il n'y avait rien. La tapisserie qui fut autrefois d'une couleur pastelle était désormais rongée par la moisissure et se décollait par pan entier. Jack soupira de déception et referma machinalement la porte. C'était étrange comme endroit, après tout, qui aurait besoin d'un espace si minuscule, sans fenêtre ou grille d’aération ? La seconde porte qu'il poussa donna sur un décor quasi identique, sauf pour la couleur du papier-peint. Et ce fut ainsi pour toutes les autres pièces. Tout était vide. Tout était impersonnel. A croire que personne n'eut un jour vécu ici. Un long frisson lui parcourut l'échine lorsqu'il regagna le bureau. Finalement, il avait retrouvé un peu d'intérêt pour cette enquête !

     

     

     


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    Jack poussa quelques débris et s'installa à même le sol, ses jambes commençant à fatiguer un peu. Il arrivait à se déplacer seul presque correctement (il boitait les jours de pluie et son dos se bloquait régulièrement s'il ne faisait pas attention à ses mouvements), mais il lui arrivait parfois d'être véritablement épuisé, ce qui l'agaçait généralement. Pourtant, pour une fois, il était presque content de souffler un peu et de faire une pause cigarette. Cela l'obligerait à réfléchir un peu ! Il alluma une Chesterfield et inspira profondément. Ce soir, il se sentait un peu bizarre. Était-ce de la frustration ? De l'envie ? Sûrement un peu des deux à la fois. Il n'arriverait certainement jamais à saisir tous les secrets de cette maison, contrairement à Simon, et ça le mettait en rogne. Si seulement lui aussi pouvait posséder un tel don. Si seulement …


    - Mais merde ! Gronda-t-il


    Il passa sa grosse main dans sa tignasse hirsute avant de laisser sa tête retomber sur sa poitrine lourdement. C'était bien la première fois qu'il éprouvait une telle jalousie, et encore plus vis à vis de son meilleur ami. Et ce « don », pour rien au monde, il n'en aurait voulu. Voir les morts à longueur de journée était un véritable calvaire qu'il n'aurait jamais pu supporter. Simon était un homme vraiment fort pour avoir réussi l'accepter.
    Il tira sur sa cigarette et regarda le tabac se consumer lentement. Dans l'obscurité, il ne distinguait que ce point rouge incandescent. S'il ne voulait pas penser à des trucs aussi stupides, il fallait qu'il se mette au travail, et vite ! En râlant dans sa barbe, il se remit sur ses deux pieds et prit appuie sur le mur derrière lui pour se relever correctement, puis il se dirigea vers le vieux bureau en chêne massif encombré de déchets. Il y fit un peu de place, jugea son travail et approuva d'un signe de tête. Ce serait parfait. Avec précaution, il s'empara de sa caméra pour la poser sur le meuble qu'il venait de débarrasser.

     

     

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    - Essai PVE, déclara-t-il distinctement.

    Sa voix résonnait étrangement dans cette pièce vide et il remarqua alors qu'il était lui-même nerveux.

     


    - Bon, reprit-il difficilement, Simon est à l'étage. On a rien trouvé de concret. Enfin, je n'ai rien trouvé de concret se corrigea-t-il. Le rez-de-chaussée de la maison est flippant, mais à part ça, je n'ai rien de particulier à signaler. Simon cherche le fantôme d'une petite fille à l'étage et j'ai préféré le laisser seul, d'où la session PVE. J'espère obtenir quelques résultats concluants, même si je sais que les esprits qui hantent ces lieux sont du genre timide.

    Il écrasa sa cigarette sur la semelle de sa chaussure et dégaina son dictaphone qu'il présenta à la caméra :

    - C'est un dictaphone normal, acheté dans un rayon d'électronique normal, d'une grande surface normale. En gros, c'est pas un appareil trafiqué et ce qu'il enregistrera ne résultera pas d'une manipulation quelconque de ma part. Aller, on va commencer.

     


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    Il ferma les yeux, prit une profonde inspiration et enclencha le bouton d'enregistrement de l'appareil.

    - Y a-t-il quelqu'un ici ? Entama-t-il d'une voix forte. Je me trouve dans un bureau. Aujourd'hui, la pièce ne paie pas de mine, mais ce fut certainement un lieu magnifique. Un lieu riche en connaissances. Je vois des livres éparpillés sur le sol : lisiez-vous beaucoup ? Des auteurs comme Poe, pour coller au style étrange de la maison ? Il marqua une pause. Vous êtes là, vous êtes avec moi, je le sens.



    Il tourna sur lui-même, ses yeux gris s'attardant sur les moindres recoins de cette pièce sombre où seule la lumière de la lune lui permettait d'y voir un peu. Il se sentait observé, épié.



    - J'ai l'impression que je vous gêne, non ? Vous ne voulez pas de moi ici. Si vous souhaitez que je parte, il suffit de me le dire ou de me le faire savoir. Manifestez-vous. Je ne sais pas moi, poussez moi ! Faites moi tomber ! Faites moi mal !


    Il avait souffler ces quelques mots, une pointe de défi dans sa voix éraillée par toutes ses années de tabagisme. La provocation, c'est ce qui marchait le mieux, même si cela engendrait parfois des réponses des plus violentes. Mais peu lui importait, vu sa dose d'ennui, il était prêt à affronter n'importe quoi. Pourtant, la seule réponse qu'il obtint fut un silence méprisant.

     

     

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    - Je vois, ajouta-t-il finalement. Vous ne voulez peut-être pas me …


    Il s'interrompit brusquement. Du coin de l’œil, il avait vu une ombre filer vers la porte. Finalement, il avait raison. La provocation, ça finit toujours par payer !


    - Revenez ! Revenez vers moi, je ne veux pas vous faire du mal. Je veux vous entendre ! Je veux savoir pourquoi vous êtes encore ici. Parlez vers la petite lumière rouge, cet appareil nous permettra de communiquer ensemble.


    Instinctivement, il tendit sa main qui tenait le dictaphone vers le vide de la pièce. Il avait l'impression d'avoir affaire à un enfant craintif.


    - S'il vous plaît, suppliait-il presque, si vous êtes là, montrez vous. Manifestez-vous ! Faites n'importe quoi. Touchez-moi, déplacez un objet, faites du bruit. Faites quelque chose !

    Il s'arrêta, sur le qui-vive, prêt à n'importe quelle situation. Mais encore une fois, rien ne se produisit. La colère remplaça la déception, mettant à mal sa motivation. Si ça se trouve, l'ombre qu'il avait perçue ne provenait que de son imagination et Shane avait sûrement raison sur toute la ligne. La maison était vide et seul Simon aurait quelque chose d'intéressant à se mettre sous la dent.

     


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    - Je ne sais pas qui est là, mais ce dont je suis sûr, c'est que vous ne devez pas être le démon dont tout le monde parle lâcha-t-il excédé. Un démon aurait eu assez de puissance pour me mettre dehors, pour me posséder. Il n'aurait pas fui lâchement. Vous voulez savoir ce que je pense ? Il n'y a pas de démon en ces lieux, juste l'âme d'un vieux croulant un peu siphonné qui refuse d'admettre qu'il est mort. Et vous êtes loin d'être le responsable de toutes les disparitions ajouta-t-il, un rictus mauvais aux lèvres. Tout au plus, vous pourrez nous subtiliser un chewing-gum, et encore, j'ai quelques doute sur la réussite.



    Il avait débité sa tirade sous le coup de l'exaspération, mais au moins maintenant, il était un peu soulagé. Il pourrait remonter voir Simon, lui dire que la maison est bizarre, certes, mais qu'elle est surtout désespérément vide (oui, il mentirait, mais il n'en était pas à son coup d'essai). Il omettrait de lui raconter sa petite crise et ensemble, ils iraient finir la nuit dans un bar, une bonne bière à la main, avec ou sans alcool en fonction des goûts.

     


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