• Obsession

     

    Obsession

     

     

     

     

     

     

    Obsession

     

     

    Les rayons pâles d'un soleil matinal baignent la pièce d'une douce lumière. Je suis là, assise à la cuisine, une tasse de café froid devant moi. Je suis là, pensive. Je suis là. Je suis seule. Le jour se lève enfin, chassant avec lui les dernières ombres de la nuit. Repoussant une longue mèche brune de mon visage doré, je laisse échapper un bruyant soupir. D'ici peu, le monde s'éveillera et tout redeviendra vivant. Le bruit sourd de la circulation grondera au loin, le tumulte de la foule gangrènera chaque recoin de la ville. Les battements de son cœur résonneront dans l'ensemble de mon être, s'imprimant dans chacun de mes muscles, claquant comme des détonations dans le moindre de mes os. Et son parfum fleuri, si délicat, m'obsédera de nouveau …

     

     

    Obsession

     

     

    Doucement, je me redresse de cette chaise que j'ai occupée des heures durant, mon dos complètement endolori. Combien de temps exactement suis-je restée ici ? Je n'en sais rien et la réponse m'importe peu, tout comme ce café, devenu imbuvable, que je jette dans l'évier. Pourquoi suis-je encore dans cette maison ? Pourquoi ? Pourquoi ? D'un geste rageur, je tire les rideaux, cachant ce soleil de plus en plus vif. J'ai toujours préféré la nuit, son obscurité. Elle me réconforte, elle m'apporte le calme et la sérénité, et c'est dans ses bras protecteurs que j'aime me réfugier, me dissimuler. Elle seule me comprend. Elle seule me permet de vivre. Pourtant je veux plus que cette misérable existence. Je veux plus. Je la veux. Elle.

     

     

    Obsession

     

     

    Je finis par quitter la cuisine. Le jour se lève, moi, je dois disparaître. Cependant, j'hésite. Elle commence à s'éveiller, je le sens. Elle sort petit à petit du monde des songes, s'étire longuement, et ce simple geste porte à mon nez une délicieuse odeur, si enivrante, la sienne. Elle est là, elle m'appelle. Elle me nargue. Mes mains tremblent soudainement, comme tout le reste de mon corps. Je ne peux plus bouger. Je ne peux plus réfléchir. Que m'arrive-t-il ? J'essaie de comprendre ce qui est train de se passer lorsque j'entends une porte grincer faiblement sur ses gonds, brisant le silence salvateur de la nuit. Le bruit est lointain, étouffé par la profondeur de la maison, mais je sais qu'il est déjà trop tard. Il m'est impossible de fuir, de me cacher. Je n'ai pas d'autre choix, je dois l'affronter. Alors je ferme les yeux et j'attends, me préparant à cette immense douleur qui me dévorera prochainement. Elle arrive. Son pas est lent, il est assuré, faisant craquer les lames d'un vieux parquet usé.

     

     

    Obsession

     

     

    J'ouvre un œil, et déjà mon cœur s'emballe. Je la vois, si proche de moi et malgré tout tellement inaccessible. Un t-shirt d'homme, bien trop grand pour elle, camoufle à peine sa nudité, me laissant aisément deviner le galbe parfait de sa poitrine. Ses yeux en amandes, d'un vert limpide, errent sur ma silhouette, tandis que ses lèvres charnues, d'un rouge sang, me sourient. Malgré les vestiges de son sommeil, elle est belle, diablement belle, et à cet instant, je ne veux qu'une chose, l'embrasser. D'une lenteur calculée, elle s'approche de mon corps inerte, et de ses longs doigts, elle replace une mèche rebelle derrière mon oreille. À ce simple contact, je menace d'exploser. J'ai envie de hurler, j'ai envie de fuir. À la place, je reste stoïque.

     

     

    Obsession

     

     

     

    - Te voilà enfin revenue, me glisse-t-elle à mi-voix, son souffle tiède dans mon cou.

     

     

     

     

    Sans attendre une réponse de ma part, ni sans ajouter un mot de plus, elle attrape ma main pour me conduire vers sa chambre, et ensemble, nous disparaissons dans les ténèbres. Je la suis docilement. J'avais promis que je lui résisterais, que je ne tomberais plus sous le joug de sa beauté ensorcelante. Seulement voilà, je l'ai toujours ardemment désirée. Elle est là. C'est elle. Mon obsession.

     

     

     

     

     

     

     

    Octobre 2014

     

     

    C'est drôle quand même, de voir comment quelques photos peuvent complètement modifier l'ambiance de ces lignes :)

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 15 Mars 2015 à 05:55

    J'aime beaucoup ma poupette ! Et ça fait plaisir de voir que ton talent reste intact !happy
    J'ai trouvé l'ambiance très baudelairienne pour le coup, tout en finesse et tellement poétique !
    Je ne peux que t'applaudir pour ça.

    J'ai hâte de lire d'autre choses dans ce genre ^_^

    PS : le changement a du bon pour tous !

     

    2
    Lundi 16 Mars 2015 à 18:36

    Merci Choupette ! C'est un texte que j'ai pu publier dans le journal de ma promo. Il n'est pas des plus récents, mais j'avais envie de changer un peu. Je suis juste un peu déçue, avec les photos, on perd le côté irréel que je voulais instaurer. Pas grave, je voulais dépoussiérer les sims, et c'était l'excuse ^^

    Je suis ravie que tu aimes, et je te remercie encore une fois pour tes compliments ;)

    3
    Lundi 16 Mars 2015 à 23:44

    Effectivement, c'est dommage pour le côté "irréel", bien que j'ai d'abord lu sans vraiment regarder les images. Du côté, on a l'impression qu'elle flirt avec la mort. Je te rassure donc que le côté irréel est bien là ^_^. Certes avec les images, ça diffère légèrement lol.

    D'ailleurs, j'adore toujours autant ton nouveau style de sims ^_^, toujours aussi bien réalisé !

    y'a pas de quoi ma poupette, c'est très mérité wink2

    4
    Samedi 18 Avril 2015 à 21:36

    Oh bah pour le coup, je trouve que tu as bien géré les photos (pas que d'habitude non, mais ça garde un côté irréel... enfin, la dernière vient casser le côté très "réel" du truc, du moins, bref, je me comprends! >_<).

    5
    Mercredi 22 Avril 2015 à 21:53

    Le texte est très bien écrit, j'adore quand on ressent toute la tension entre deux personnages (je sais pas si je me fais bien comprendre, j'espère que oui ^^)

    Et effectivement, les photos rendent l'ambiance un peu... Particulière. Enfin bref, j'adore comment tu écris !



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